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Environnement

Capbreton : l’échouage d’une rare baleine à bec de True suscite l’émotion et des interrogations

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Une baleine à bec de True, espèce de cétacé particulièrement discrète et rarement observée, s’est échouée jeudi 28 mai 2026 sur la plage de la Piste à Capbreton. Malgré les efforts de nombreux surfeurs et baigneurs pour la remettre à l’eau, l’animal est décédé. Les premières analyses réalisées ne permettent pas, à ce stade, d’établir un lien avec les travaux sous-marins menés au large.

Un cétacé rare retrouvé sur la plage de la Piste

Selon France Bleu, l’échouage s’est produit en fin d’après-midi sur l’une des plages les plus fréquentées de Capbreton. Très vite, les personnes présentes sur place se sont mobilisées pour tenter de sauver l’animal, identifié comme une baleine à bec de True.

L’événement a rapidement suscité de nombreuses réactions, notamment en raison de la présence à proximité du chantier sous-marin conduit par RTE pour l’installation de câbles électriques en mer. Un navire câblier intervenait alors au large de Capbreton.

Sur les réseaux sociaux, le collectif STOP THT a notamment réagi : « Une baleine à bec s’échoue et meurt face au câblier de RTE. Mais bien sûr, cela n’aura aucun rapport », avant d’ajouter : « Une baleine morte face au chantier n’est pas une anecdote. C’est un signal d’alarme. »

Une autopsie réalisée par le laboratoire Pelagis

Dès le lendemain matin, une équipe du laboratoire Pelagis a procédé à une nécropsie de l’animal dans les locaux des services techniques municipaux. Vétérinaires, biologistes, assistante vétérinaire et membres habilités du Réseau National Échouages ont participé à cette opération.

Dans un communiqué publié vendredi soir, le préfet des Landes a indiqué : « Ces analyses, dont les résultats devraient être connus dans les prochaines semaines, devront notamment établir si le décès est ou non en lien avec des activités humaines à proximité du rivage côtier ».

Le coordinateur du Réseau National Échouages, Willy Dabin, a précisé que « Le rapport préliminaire d’autopsie ne sera pas disponible avant le milieu de la semaine prochaine. Le rapport consolidé, incluant les analyses complémentaires, ne pourra quant à lui être communiqué avant plusieurs semaines ».

Aucun lien établi à ce stade avec le chantier sous-marin

Face aux interrogations exprimées localement, la municipalité de Capbreton a choisi de communiquer les premiers éléments transmis par le laboratoire Pelagis.

Selon la commune, « d’après les résultats préliminaires de l’autopsie communiqués par Pelagis à la commune, à ce stade, il n’y a rien qui permet de lier la mort de la baleine au chantier en cours. L’animal présente toutefois des signes de dénutrition. Le laboratoire Pelagis poursuit ses analyses ».

Les conclusions définitives devront permettre de déterminer avec précision les causes du décès.

Une tentative de sauvetage menée par les surfeurs

Parmi les témoins de la scène figure Yohan, un surfeur originaire de Bénesse-Maremne, présent dans l’eau lorsque l’animal s’est approché du rivage.

« Au début, je pensais que c’était un dauphin qui vient du coup juste à côté de nous. Sur le coup, on était plusieurs à l’eau. On trouve ça genre incroyable et tout. On se regarde, on était tous contents de vivre le moment. Et elle continue. »

Rapidement, les surfeurs comprennent qu’il s’agit d’un cétacé bien plus imposant et constatent qu’il se dirige vers la plage.

Trente minutes d’efforts pour tenter de la sauver

Une quinzaine de personnes se sont alors relayées pour tenter de remettre la baleine au large.

« Sans forcément parler, on a tous œuvré ensemble au même moment et on a fait ça à peu près cinq ou six fois. On s’est mis à quatre et quatre de chaque côté de la baleine. Il n’y a jamais eu un moment où elle s’est débattue ou a essayé de mettre des coups de queue. En avançant vers le large, on la faisait passer sous les vagues, et tout le monde a aidé à la ramener. Sauf qu’au bout d’un moment, en fait, c’était impossible, à chaque fois elle revenait. C’était épuisant. Ça a été un petit manège pendant bien 20 minutes, voire une demi-heure. »

Même après avoir utilisé leurs planches pour tenter d’empêcher l’animal de revenir vers le rivage, les secours improvisés n’ont pas réussi à modifier son comportement.

« Au début, on avait jeté les planches sur la plage pour ne pas lui faire mal. Et au bout d’un moment, en fait, on s’est rendu compte que quand on l’avait presque ramenée au large, elle faisait demi-tour. On est retourné dans l’eau en essayant de bloquer la baleine un peu plus au large en se mettant face à elle pour lui faire peur. Sauf que ça n’a pas marché. Elle continuait, elle se faisait amener avec les vagues sur nous, on devait l’esquiver. »

Une issue tragique malgré la mobilisation

Malgré les efforts déployés pendant près d’une demi-heure, la baleine a finalement succombé sur la plage.

« Sur la plage, plus personne ne parlait, on était tous dégoûtés. On a fait tout ce qu’on pouvait. Je suis content d’avoir aidé et d’avoir essayé de faire ce qu’on pouvait. Mais j’en retiens un truc vraiment pas terrible. C’était pas ouf la fin… », confie Yohan.

Les analyses complémentaires du laboratoire Pelagis doivent désormais permettre de mieux comprendre les circonstances ayant conduit à cet échouage mortel.